La démarche repose sur un principe essentiel : les personnes concernées et les acteurs qui les accompagnent doivent pouvoir contribuer directement à la conception des dispositifs destinés à les protéger.
Croiser les regards et les expériences dans un atelier territorial
Dans cette perspective, un atelier territorial s’est tenu le 1er juillet 2026 sur le territoire de la Communauté de communes. Il a réuni une quarantaine de participants issus de collectivités, services sociaux et médico-sociaux, acteurs de la santé, associations, structures d’accompagnement et partenaires intervenant dans la prévention ou la gestion des crises.
L’objectif était de croiser les regards et les expériences afin de mieux identifier les besoins des personnes vulnérables et de formuler des propositions concrètes pour le futur Plan intercommunal de sauvegarde – PICS.
L’atelier s’est déroulé selon une méthode participative, en deux séquences de travail en sous-groupes.
- Séquence 1 : les participants ont été répartis en groupes thématiques correspondant aux principales situations de vulnérabilité (isolement social, perte d’autonomie ou mobilité réduite, handicap sensoriel ou cognitif, dépendance à des soins ou à des équipements médicaux, difficultés économiques etc.). Ils ont précisé, pour chaque public, les difficultés susceptibles d’être rencontrées avant, pendant et après une crise, ainsi que les réponses à anticiper.
- Séquence 2, consacrée à l’analyse et à l’enrichissement de deux fiches réflexes portant sur la communication de crise et sur l’évacuation des personnes nécessitant une assistance particulière : réunis en groupes de pairs, les participants ont confronté ces outils à leurs pratiques et aux réalités du territoire. Ils ont identifié les points de vigilance, les acteurs et relais à mobiliser, ainsi que les solutions opérationnelles à prévoir.
Repérer, informer, accompagner : trois conditions du succès
Les échanges ont tout d’abord montré qu’une même personne peut cumuler plusieurs difficultés : être âgée, vivre seule, ne pas disposer de véhicule, dépendre d’un traitement médical ou rencontrer des difficultés avec les outils numériques. Certaines situations peuvent également être temporaires, par exemple après une hospitalisation ou un accident.
Le repérage préalable des personnes susceptibles d’avoir besoin d’une aide constitue donc un premier enjeu majeur. Les participants ont souligné le rôle essentiel des communes et des CCAS, mais aussi celui des professionnels de santé, des services d’aide à domicile, des associations, des bailleurs, des proches, des aidants et des voisins.
Un autre enseignement fort concerne la communication. Les messages doivent être simples, accessibles et diffusés par plusieurs canaux complémentaires : téléphone, SMS, messagerie instantanée, supports papier, porte-à-porte, affichage, messages sonores ou visuels, pictogrammes et relais humains de proximité.
Envoyer une alerte ne suffit pas : encore faut-il vérifier que celle-ci a été reçue, comprise et qu’elle peut effectivement être suivie.
Enfin, les contributions ont rappelé que la démarche d’évacuation suppose de prendre en compte l’ensemble du parcours de la personne : prise de contact, évaluation des besoins, préparation au départ, transport adapté, continuité des soins, présence éventuelle d’un aidant, accueil dans un lieu accessible et accompagnement du retour au domicile.
Les réseaux de proximité, une ressource majeure en situation de crise
Parmi les pistes proposées figure la constitution d’un réseau de référents de quartier, de village ou de hameau, associé aux professionnels, bénévoles, associations et personnes de confiance déjà présents auprès des habitants.
Ces relais humains peuvent jouer un rôle déterminant pour identifier les personnes isolées, expliquer les consignes, rassurer, vérifier qu’une personne a pu agir et faire remonter les besoins non couverts. Les échanges ont ainsi mis en évidence que la résilience d’un territoire repose autant sur ses équipements et ses procédures que sur la qualité de ses liens de proximité.
Les participants ont également souligné l’intérêt d’organiser des exercices associant directement les personnes concernées. Ces mises en situation permettraient de tester les chaînes d’alerte, les moyens de transport, l’accessibilité des lieux d’accueil et la capacité collective à intervenir dans des conditions dégradées.
Des contributions concrètes pour enrichir le futur PICS
L’atelier a permis de développer une réflexion fondée sur les capacités réelles des personnes : peuvent-elles recevoir et comprendre l’alerte, se préparer, se déplacer, maintenir leurs soins et accéder à une aide ?
Les propositions recueillies vont désormais contribuer à alimenter l’élaboration du futur PICS. Le travail devra notamment permettre de préciser les responsabilités de chacun, les moyens effectivement disponibles et l’articulation entre les communes, l’intercommunalité et les partenaires du territoire.
Avec Resilient Voices, la Communauté de communes poursuit ainsi une ambition centrale : construire une prévention et une gestion des risques plus accessibles, plus solidaires et davantage ancrées dans l’expérience réelle des habitants.
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