Après plusieurs mois d’étude et d’enquête la conciergerie itinérante imaginée avec les acteurs locaux de Quessoy et Pommeret a franchi une nouvelle étape le 1er juillet 2026 : son expérimentation en conditions réelles. Cette journée est venue concrétiser un travail mené en amont autour des besoins des habitants, des scénarios de services, de leur modèle économique et de leur impact environnemental.
L’objectif n’était pas encore de lancer un service stabilisé, mais de confronter les scénarios théoriques travaillés à la réalité du terrain en validant ou questionnant nos hypothèses. Il s’agissait également de réunir et faire se rencontrer nos partenaires et nos publics cibles afin de susciter l’intérêt pour le projet et d’impulser un éventuel portage opérationnel.
Une journée pour tester, observer et ajuster : 4 scénarios mis à l’épreuve du terrain
Pour rappel, les quatre scénarios élaborés s’appuient à la fois sur les besoins révélés par la phase d’enquête et sur les intuitions que ces premiers enseignements nous ont permis de formuler.
- Scénario 1 : une conciergerie à dominante logistique. La conciergerie complète des flux déjà existants pour rapprocher produits et services des habitants. L’enjeu est d’éviter les trajets à vide, de mutualiser les tournées et de créer des points de livraison de proximité.
- Scénario 2 : une conciergerie à disposition des commerçants et artisans itinérants. Dans ce modèle, un véhicule-vitrine aménagé et partagé permet à des professionnels de venir proposer leurs produits ou services directement dans les communes, selon un planning organisé.
- Scénario 3 : un concierge au contact des habitants. Le concierge joue un rôle d’intermédiaire de proximité. Il livre, renseigne, rend de petits services (réparation, aide administrative…), et apporte une présence humaine régulière auprès des habitants.
- Scénario 4 : centré sur la mobilité et où la priorité est donnée au transport de personnes. En profitant de ces déplacements, et afin de ne pas rouler à vide, le concierge optimise sa tournée pour déposer des personnes dans des lieux prédéterminés et récupère des livraisons à déposer sur le chemin du retour.
Nous avons conçu la journée du 1er juillet comme un temps de démonstration de ces scénarios, afin de leur donner une traduction concrète et tester la pertinence des services imaginés. Le format retenu combinait ainsi des animations conviviales, des mises en situation de services, ainsi qu’un temps de restitution collective.
Une journée pour convaincre : l’importance de la lisibilité du projet pour susciter l’intérêt
La programmation du 1er juillet a été construite à partir des besoins exprimés lors de l’enquête, notamment autour de l’accès aux produits locaux, de la mobilité, des services du quotidien et du lien social. L’objectif n’était pas de juxtaposer des animations, mais de mettre à l’épreuve plusieurs usages possibles de la conciergerie et d’observer la manière dont les habitants pouvaient s’en saisir.
Pour cela, l’expérimentation s’est largement appuyée sur les acteurs déjà implantés sur le territoire. Voisins de paniers a permis de tester la distribution de produits locaux et une visite solidaire auprès des résidents de Gwitibunan ; des commerçants (Le Comptoir Vintage, L’Atelier de Xavier) ont été associés à la réflexion sur un service de vente itinérante ; Zazous et Cie a proposé des activités de réparation et de réemploi ; et le minibus a servi à expérimenter une fonction de navette vers la gare d’Yffiniac.
Au-delà des services testés, cette journée a ainsi permis de vérifier un point essentiel : la conciergerie prend davantage de sens lorsqu’elle s’appuie sur les initiatives existantes, crée des complémentarités entre acteurs locaux et devient un support concret de coopération à l’échelle du territoire.
La journée devait également permettre de juger de l’acceptabilité du service. Le terme de « conciergerie itinérante » peut renvoyer à des réalités très différentes et ne parle pas nécessairement à tous les habitants de la même manière.
Pour être approprié, le projet doit donc être lisible et simple à comprendre.
La journée du 1er juillet a justement permis de passer de l’idée à des usages concrets : une cinquantaine de personnes ont participé et testé différents services, autour des produits locaux, de la réparation de vélos, de la mobilité, etc. Cette diversité d’usages montre que le projet peut répondre à plusieurs besoins du quotidien, tout en créant de nouvelles occasions de rencontre.
Les échanges recueillis au fil de la journée vont dans le même sens. Plusieurs participants ont notamment souligné « que la conciergerie mobile pourrait être intéressante pour livrer des paniers à Pommeret, qui est dépourvu de point de dépôt », Odile Collet, pour l’Association Voisins de Paniers. La dimension inclusive du service est également relevée .
« Tout type de population peut être intéressé par ce mode de transport, une maman qui a besoin d’aller faire des soins, une personne qui s’est blessée qui a besoin d’aller chez le kiné, ou des jeunes en période estivale qui voudraient se rendre au cinéma » Jean-Luc Gouette, Maire de Quessoy
Enfin, de nouvelles propositions de services ont également retenues notre attention : « de l’éducation populaire et de l’information civique et citoyenne », « de la sensibilisation à l’alimentation végétale, locale et bio », etc. Ces retours permettent de mieux comprendre ce qui fait l’intérêt du projet : moins un service unique qu’un point d’appui capable de rapprocher des ressources, des acteurs du territoire et des habitants.
Ce que cette journée nous apprend
Le temps de restitution visait moins à présenter des scénarios qu’à permettre aux participants de se les approprier. En réunissant élus, partenaires, habitants et acteurs locaux autour d’un parcours concret et participatif, l’enjeu était de rendre le projet tangible, de susciter les réactions et de vérifier sa capacité à engager différents publics. La mise en situation des scénarios (différents objets avaient été disposés tout au long du parcours : des tasses à café pour évoquer les temps de convivialité, un formulaire de demande de pièce d’identité pour illustrer l’accès aux démarches administratives, etc.) a ainsi permis de dépasser une présentation abstraite pour ouvrir la discussion sur les usages, les attentes et les conditions de réussite du projet.
Les échanges ont notamment fait ressortir quelques enseignements. Le premier concerne la pertinence du besoin. Les habitants ne demandent pas seulement “plus de services”, mais des services simples, réguliers, proches et utiles dans la vie quotidienne. Nos intuitions autour des paniers de produits locaux, des petites livraisons, de l’information sur les services publics ou de l’aide à certains déplacements apparaissent donc comme des portes d’entrée concrètes.
Le deuxième enseignement concerne l’importance de l’incarnation humaine du service. Les habitants se projettent plus facilement lorsqu’ils peuvent identifier un interlocuteur de confiance. Le concierge n’est donc pas seulement là pour rendre un service : il crée du lien et donne un visage au projet.
Enfin, la journée confirme ainsi que la conciergerie itinérante ne doit pas être réduite à un seul usage. Ce n’est ni uniquement de la mobilité, ou simplement de la logistique, un commerce de proximité, ou seulement du lien social. C’est précisément sa capacité à articuler toutes ces dimensions qui fait son intérêt.
La journée du 1er juillet n’a pas clos l’expérimentation. Elle a permis de vérifier une intuition : dans les territoires ruraux, rapprocher les services des habitants peut répondre à des besoins très concrets, à condition de penser le service comme un projet de territoire, co-porté, incarné et adapté aux usages. Pour prolonger cette expérience, nous avons souhaité en garder une trace en images. Notre vidéo revient sur les temps forts de la journée du 1er juillet et donne la parole aux acteurs qui ont contribué à la faire vivre. Elle permet de se replonger dans l’ambiance de l’évènement aux côtés de celles et ceux qui se sont mobilisés autour du projet. N’hésitez pas à nous partager vos réactions et vos retours !
Le chapitre #1 explore comment Auxilia Conseil accompagne les collectivités des Côtes-d’Armor dans l’expérimentation d’une conciergerie itinérante et multiservices, pensée pour rapprocher les services des habitants tout en répondant aux enjeux de mobilité, de lien social et de transition écologique.
Dans le chapitre #2, nous entrons dans la construction opérationnelle du projet : les scénarios étudiés, les arbitrages à poser et les conditions nécessaires pour faire émerger une solution utile, viable et adaptée aux réalités rurales.
Ce dispositif a été présenté aux Assises européennes de la transition énergétique, à Dijon, du 23 au 25 juin 2026.
Qu’est-ce que la Fabrique des services ?
La Fabrique des services est une démarche portée par Auxilia visant à recréer des services utiles à la population dans les territoires, en particulier ruraux et périurbains. Elle repose sur le croisement de deux grandes transitions.
La première est une logique de sobriété foncière et de réactivation des lieux existants : redonner de l’activité, des services, de l’emploi et des usages à des bâtiments publics vides, vacants ou sous-utilisés, plutôt que produire systématiquement de nouveaux équipements.
La seconde répond à l’évolution des modes de vie et des usages des habitants depuis la crise du Covid-19 : recherche de proximité, besoin de flexibilité, développement du multi-services, de l’itinérance, du numérique, de l’automatisation ou encore des logiques de points relais et de mutualisation.
À travers cette démarche, Auxilia accompagne les collectivités et les acteurs locaux dans l’invention de nouvelles formes de services de proximité, adaptées aux réalités sociales, économiques et écologiques des territoires.





